J’ai 32 ans, un diabolo menthe devant les yeux. Et sinon ? Sinon, j’attends de grandir, d’un seul coup, avec l’arrivée de celui dont la chambre est prête. Oui elle va très bien, là elle se repose, elle va encore mieux que je ne l’aurais imaginé, rien à voir avec ce qu’on m’avait prédit. Comme pour le reste, les gens ne changent pas si facilement. Ma vie reste simple. Mais difficile de te dire si c’était bel ou bien le moment, ce qui a fait que j’ai franchi le pas, qu’on l’a franchit ensemble. A trop y penser, on le l’aurait sans doute pas fait. Rien d’autre peut-être que l’envie d’avancer, simplement ça. Elle va changer bientôt ma vie, mais je me connais mieux aujourd’hui, alors je vais gérer. Je suis serein finalement. Aujourd’hui du moins. Pas tant que ça hier, sans doute pas demain, mais aujourd’hui, maintenant, cet après midi, si.
J’ai 35 ans, je voulais un Orangina mais light, parce que c’est bon. Mais un normal ira très bien. Un enfant, ben oui je le fais tout de suite moi, oui j’en ai envie. Je connais ça trop bien. Mais il faut que je marie d’abord, c’est sûr, c’est comme ça qu’elle veut que ça se passe. Pourquoi je le fais pas ? Ben oui pourquoi… Mais moi tu sais je ne supporte pas les bagues, et puis les préparatifs, c’est trop, c’est trop normal, trop pour simplement ça, trop pour un rêve de princesse. Merde j’ai plus de batterie, un café s’il vous plait. Et puis de toute façon sa famille c’est tellement pas comme la mienne. Et puis plein d’autres raisons. Pourquoi ça ne pourrait pas être simple avec une soirée normale entre amis pour fêter ça, hein pourquoi ? Mais faut je le fasse, je sais que ça arrivera de toute façon t’as raison, je ne sais pas encore quand. Quand je le déciderai peut-être.
J’ai 32 ans aussi, et ma bière me réchauffe l’esprit. Je veux comprendre, savoir comment ça fait. Alors je questionne pour savoir comment tu te sens, ce que tu comptes faire et quand tu comptes le faire. Et j‘écoute. Je suis là, dans l’instant à savourer ce moment. Je suis las, aussi. Le monde de mes possibles n’a pas de limites, mais je découvre pourtant les miennes. L’âge m’amène à penser que construire un peu plus m’irait bien, comme eux, comme vous, sans trop changer ce que je suis aujourd’hui. Quand je pose mon livre pour penser à moi, je me dis que j’aimerai changer de camp, pour quelques instants, de temps en temps. Pas aujourd’hui, pas maintenant quand je vous parle, mais demain soir peut-être, à la maison, en écrasant ma dernière cigarette avant de m’endormir.
A la vôtre.






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